Les princes de Saïs, vassaux de l'Assyrie, avaient regroupé les autres princes de Basse Egypte contre leurs rivaux couchites. Ils deviennent les pharaons d'une Egypte indépendante et prospère qu'ils gouvernent en princes marchands. Ils neutralisent l'influence de Thèbes qui perd son rôle de capitale de Haute Egypte en faisant adopter leur fille comme Divine Adoratrice d'Amon.
![]() |
Seuls des fragments de statues des rois saïtes subsistent et rares sont les inscriptions intactes. La tête de Pasammétique II (Musée Jacquemart André) possède les caractéristiques du portrait saïte par sa stylisation formelle, sa maîtrise technique et sa finition soignée. Les rois se font représenter avec la couronne bleue. Ses successeurs introduisent l'uræus à double boucle en S au sommet du crâne. Ces têtes de rois se caractérisent par l'absence de la barbe postiche, y compris dans les statues de sphinx. Ces œuvres sont d'une qualité irréprochables. La partie supérieure de la statue d'Amasisposterne (Florence) rappelle celle d'Osorkon II. Les sphinx acéphales d'Alexandrie constituent un superbe exemple de la sculpture animalière égyptienne ; ils mettent en valeur les caractéristiques des lions couchés. |
| Tête d'une statue en schiste vert du roi Amasis - Musée égyptien de Berlin. |
Les statues en métal sont rares ; celles de Néchao II et d'Amasis sont parvenues jusqu'à nous. Cette tradition se maintient jusqu'à la fin de l'Egypte antique. Les statuettes votives des divinités sont produites en masse.
| La statuaire privée de la XXVIème dynastie retrouve les tendances propres à l'époque couchite. Une tradition idéaliste remplace progressivement les œuvres de facture plus réaliste. L'indépendance et l'importance croissante des dignitaires régionaux sont perceptibles dans la taille de leurs statues. Les contacts avec les peuples étrangers de Méditerranée éveillent en eux une fierté chauvine à l'égard de leur propre passé. L'étude de l'art de l'Ancien Empire gagne en importance alors que les valeurs culturelles égyptiennes sont menacées par des idées nouvelles (Grèce classique). Cette vénération du passé est perceptible dans la restauration de sites anciens. La pyramide à degrés de Saqqarah a fait l'objet d'une attention particulière et les notables de l'époque recherchent une sépulture à proximité. L'intérieur de la pyramide est exploré et consolidé. | ![]() |
| Groupe familial - Statues en bois de l'époque saïte - Musée du Caire |
![]() |
Les statues saïtes tentent d'atteindre, par l'attitude et l'expression, l'assu-rance paisible de la statuaire de l'Ancien Empire : la statue du vizir Nespakachuti illustre le style de transition entre le réalisme couchite et la manière plus douce, plus impressionniste des artistes saïtes. Les contours précis et le traitement du torse sont dans la tradition thébaine de la XXVème dynastie, le sourire est archaïsant. Les statues des temples représentant le sujet seul sont plus fréquentes et plus élaborées. | ![]() |
| Vizir Nespakachouti en scribe -Musée du Caire | ||
| Statue du gouverneur de province Ouahibrê agenouillé présentant une statue d'Osiris dans un naos - British museum Londres. |
La statue en basalte d'Ouahibrê à genoux illustre l'art saïte officiel, caractérisé par le modelé souple des volumes du corps forme contraste avec les formes géométriques du naos et du socle. La position à genoux, assis sur les talons, remonte aux premières dynasties. Toutefois, au lieu d'avoir les mains jointes ou posées sur les cuisses, Ouahibrê présente l'effigie d'Osiris dans un naos ouvert. Cette composition a été utilisée dès le Nouvel Empire (XVIIIème dynastie). L'artiste égyptien s'intéresse à la sculpture de grandes statues d'animaux qui figurent dans la mythologie (lions gardiens, sphinx, béliers…). Ce thèmes est récurent dans l'histoire de l'art égyptien. Psammétique commande la statue de la déesse Hathor représentée sous la forme d'une vache protégeant l'effigie du donateur. Cette œuvre monumentale montre le travail de l'école de la XXVIème dynastie. Le renoncement au concept d'espace négatif traduit une caractéristique nouvelle du modèle de l'animal.

Les tailleurs de pierre égyptiens sont les plus expérimentés du Proche Orient ; ils sont utilisés par les Achéménides pour leurs constructions à Persépolis. Les statues d'Isis et d'Osiris assis, consacrés par Psammétique, sont des œuvres d'une grande perfection par leur proportion et leur finition. La finesse du modelé ne peut être perçue qu'après un long examen ; l'art saïte cherche à exprimer la perfection et la permanence que les hommes du passé se sont efforcés d'atteindre, mais qui manquent au monde du VIème siècle.